Les vacances d’été

Dans le cadre du Summer camp de @marie_les_baguettes, j’ai écrit une courte fiction sur le thème des coquillages. Comme d’habitude, je me suis un peu emportée. 😂
Je vous laisse lire ma micro-histoire … ci-dessous 🐚 et découvrir celles de mes collègues auteurs sur le compte de @marie_les_baguettes !
Dites-moi en commentaire ce que vous en avez pensé! Ces personnages risquent peut-être de revenir de temps en temps… 🤭

***

Jessie s’arrêta sur le bord de l’eau froide. Les vagues du fleuve St-Laurent étaient plus hautes qu’à l’habitude et le vent soufflait sur ses cheveux brun foncé. Du coin de l’œil, elle repéra Phillip, accroupi près d’une pierre. Il devait être en train de chercher des ingrédients pour ses potions. Encore. Quand il ne chassait pas les Surnaturels, il passait son temps à s’intéresser à ses fichus ingrédients.

C’était un passe-temps comme un autre, sans doute, mais cette fois, ils étaient venus ici pour se détendre. Jessie croisa les bras et soupira. Il ne servait à rien de le déranger… Elle s’assit et fixa l’eau, regrettant qu’à Québec, l’océan ne soit pas plus près, lorsqu’un aileron de baleine frôla la surface de l’eau bleu profond. Elle plissa les yeux, repoussa la mèche de cheveux derrière son oreille pour mieux voir. Au bout de quelques minutes, le dos de la baleine se courba à la surface, puis replongea dans l’eau.

— Zut! J’aurais aimé la voir un peu plus…

Jessie saisit une poignée de sable et la laissa filer entre ses doigts. Une ombre se dessina par-dessus elle. Elle tourna la tête.

— Tiens.

Phillip ouvrit la main, un coquillage au creux de sa paume. Il était minuscule, semblable à une corne. Elle fronça les sourcils à son intention, mais prit l’objet entre ses doigts.

— Souffle dedans, lui intima-t-il.

— Pourquoi? demanda-t-elle.

— Tourne-toi vers l’eau et souffle dedans, répéta-t-il.

Elle soupira, porta le coquillage à ses lèvres. En soufflant, elle craignit presque de le briser. Une douce mélodie s’échappa de la minuscule corne. Amusée, elle souffla de nouveau, les yeux rivés sur l’eau. Un courant froid lui descendit le long du dos et les flots du St-Laurent se fendirent de nouveau. La baleine qui lui avait à peine montré son aileron se propulsa dans les airs, majestueuse.

— Woah!

Elle fixa, fascinée, la baleine sautée une autre fois, puis elle relâcha le souffle qu’elle avait retenu face au spectacle.

— C’est… ce coquillage qui l’a fait sauter? demanda-t-elle incrédule en se tournant vers Phillip.

Il avait son sourire en coin habituel.

— Que penses-tu que je cherchais? Je sais à quel point tu aimes les animaux de l’océan… Ce coquillage chante pour les baleines, il en existe d’autres, si tu veux, je peux chercher…

Jessie fixa le coquillage blanc et nacré, incrédule, puis elle attrapa son bras en secouant la tête.

— Non! tu restes avec moi! Nous étions censés être en vacances, ensemble! Oublie un peu le surnaturel, pour une fois!

— Je voudrais bien, lui répondit-il en la tirant à son tour, mais c’est impossible avec toi. Tu t’es assise sur les vestiges d’un portail.

Elle se leva aussitôt, lançant un regard noir au nid de coquillages et de caillou où elle s’était assise. Ils formaient effectivement un cercle, et le sable en son centre était plus foncé. Elle ne l’avait même pas remarqué. Devant sa réaction, Phillip partit d’un grand rire.

— Il va falloir traquer ce diablotin, remarqua-t-il, une fois calmé.

— Oh, par les dieux! maugréa-t-elle en le toisant, lui et ses cheveux noirs, balayés par le vent.

Il avait cette étincelle dans les yeux, celle qui ne leur apportait que des ennuis.